lundi 29 août 2011

Rimbaud, du baume et un poème épique

Je suis tombé sur cette phrase du pittoresque Arthur, extraite d'Une saison en Enfer, en laquelle le poète se faisait doux et généreux d'une vérité qui hélas! nous coule trop rapidement entre les neurones, pour ensuite se vaporiser en oubli. C'est pourquoi il faut répéter ce genre d'idée qui est d'autant plus vivante quand on la prononce et la ressent.


« Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, - même les petits enfants, - que je vous console, qu'on répande pour vous son coeur, - le coeur merveilleux ! - Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux. »


Qu'il était comique, avec ses accès de foi soudains! Si fréquemment il raillait Dieu, pour ensuite l'appeler. Or en cette phrase citée, son ton semblait porteur d'une vérité intérieure.


Nombre d'individus ne seront pas d'accord avec cette idée de foi, forme de positivisme presque aveugle, sauf à sa propre lumière, et c'est parfait ainsi (que l'on soit en désaccord). Je ne suis pas religieux, seulement spirituel («seulement!» je ne devrais pas user de cet adverbe, car à mon sens, comme cela a déjà été dit, la religion est l'école élémentaire de la spiritualité : en ce sens, on comprendra que je perçois la religion comme un tantinet enfantine). Par ailleurs, n'écrit-on pas bien souvent pour convaincre, non les autres, mais plutôt soi-même?


Du reste je vous ai promis un poème! « Les Veilleurs », de Rimbaud. Un poème longuement égaré qui aurait apparemment été retrouvé.

3 commentaires:

  1. C’est qu’il nous incite à creuser cette veine de foi, tout au fond, courant du coeur commun qui unifie les veilleurs, celle qu’il a pu trouver dans ses nuits de chaos délectables. Cette religiosité sauvage, la ténébreuse conquête de l’homme sur Dieu, les massacres en son nom, laissant de grandes flaques vermeilles de la catastrophe, c’est de là toute sa rage envers les religions je crois. Mon ami Matthieu serait cent fois mille mieux placé pour en parler. Je n’est fait que me plonger dans du Rimbaut traînant sur la table du salon, lorsque je dormait sur le divan d’une certaine époque. Lui l‘a dégusté d’un bout à l’autre son oeuvre.

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  2. La Religion, ça m'étripe et ça m'écoeure. Tu as raison, tant de bêtises commises en son nom. J'ai toujours admiré les gens qui rejettent la religion, c'est un grand signe de lucidité à mon avis. Quoiqu'il ne faille pas, selon moi, jeter le bébé avec l'eau du bain: il y a quand même tant de mystères par rapport à nos origines, là où notre âme va, la conscience humaine (d'où la volonté qu'ont religieux et philosophes d'offrir des réponses, ce qui tristement induit en l'esprit le Système cassant, tranchant et replié sur lui-même, voire le dogme; mais c'est la nature de la pensée humaine, n'est-ce pas? elle se déroule comme un parchemin qui craque, se heurte à celle d'autrui, recule, avance de nouveau, elle est, trop souvent, hiéroglyphique pour celui qui n'en est pas l'auteur...), il y a aussi beaucoup de sacré et de grandeur, par exemple quand je lève la tête pour regarder une église ou le ciel, je me dis: il y a quelque chose de plus grand que moi, c'est certain... C'est pourquoi je suis spirituel, sans être religieux.

    Si tu n'as qu'effleuré l'oeuvre de Rimbaud, ça n'a rien de tragique selon moi; Rimbaud était enfant, la joie incessamment renouvelée. Rimbaud n'était pas un poète emphatique dont il aurait fallu suivre la pensée longuement, minutieusement; plutôt, sitôt que l'oeil accoste ses mots, un embrasement caractéristique s'empare du lecteur. J'ai lu énormément Rimbaud, mais dans le désordre, et un petit peu à la fois. Je me demande s'il ne serait pas justement plus intéressant de lire son oeuvre par petites gorgées plutôt que par lampées. C'est juste mon avis. Il pourrait très bien changer.

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  3. So sad, j'avais lu trop vite. Il semblerait que ce poème apparemment retrouvé soit un pastiche. Mais quel pastiche !

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