samedi 30 avril 2011

Summerland


Let's just drive your car
We could drive all day
Let's just get the hell away from here
For I am sick again
Just plain sick to death
Of the sound of my own voice
We could leave behind another wasted year
Get some cheap red wine and just go flying
We could do the things,
All the things you wanted to
No one cares about us anyway
I think I lost my smile
I think you lost yours too
We have lost the power to make each other laugh
Let's just leave this place
And go to Summerland
Just a name on the map
Sounds like heaven to me

We could find a town
Be just how we want to be
No one here really cares about us anyway
We could find a place
Make it what we want it to be
No one really gives a fuck about us anyway
We could live just like we want to live
No one here really cares about us anyway
We could be everything we want to be
We could get lost in the fall
Glimmer sparkle and fade
The sparkle and fade
Fall glimmer sparkle and fade
Forget about our jobs at the record store
Forget about all the losers that we know
Forget about all the memories that keep you down
Forget about them
We could lose them in the sparkle and fade
We could leave them behind in the sparkle and fade
Yeah sparkle and fade

Fall glimmer sparkle and fade

Où le temps va !

Eh non ! Ce n'est pas un questionnement poétique, qui serait traversé de nostalgie.

C'est une question objective, à l'échelle d'une vie : mais où va le temps, où va mon temps ?

L'argent, histoire de l'administrer, on l'inscrit dans un budget.

Or, le temps c'est de l'argent, apparemment. Le temps serait-il donc tout aussi important ?

On me dira : tu peux t'inspirer du budget qui gère l'argent, ainsi tu te fabriques un horaire, et tu gères ton temps.

Un horaire, j'en ai un... Il est super, souple et traversé d'improvisation. Néanmoins, mes activités, plutôt que de suivre le fil évolutif d'une spirale, se détachent, s'étiolent, prennent de chaotiques chemins. J'essaie de prendre un élan et relancer la spirale, pour que mes passions se succèdent avec cohérence dans un temps donné (accessoirement, on appelle ça « une semaine »), mais c'est étrangement difficile.

Un budget est prédictif, mais il comporte aussi un volet d'analyse rétrospective.

Un horaire, quant à lui, ne s'adresse qu'au futur. On ne revient généralement pas sur un horaire pour savoir ce qui est arrivé au temps, alors qu'avec un budget, on retrace minutieusement le cours de l'argent.

Désormais, j'aurai l'oeil ouvert, et je verrai où file mon temps. Je pense que je suis dépensier en terme de temps. D'ailleurs, avec cette démarche, mon but n'est pas d'être économe de temps ; au contraire, j'aimerais le faire fructifier, ainsi avoir l'impression d'en avoir plus !...

Sûrement retrouverai-je, quelque part, des flots et des flots de temps, un noyau temporel très dense, et celui-ci sera cloué sous une aurore, impatient d'être. Je dirai à ces nappes de jours, de nuits, d'instants, de secondes, à tout ce vent inutilisé : « En te polissant, tu pourrais toi-même briller »

vendredi 29 avril 2011

Inversion des pôles


L'inversion des pôles expliquée par un homme que j'aime bien, Hubert Reeves.

mardi 26 avril 2011

Pensée inopinée

La littérature est un vaisseau à caractère angulaire, qui mène vers des espaces sans angles.


Merci à http://www.villiard.com/ pour l'image.

dimanche 24 avril 2011

La lune pleure des météores


La lune pleure
une lente
avalanche
de météores
vers la planète
sans amarre
d'une race imparfaite

C'est une race
Austèrement belle,
De gens rudement
géants

Qui a tout pour
elle
Sauf l'absence
de vertige

Cette planète est
elle-même un
grinçant
météore
mauve et rose

Dont la fraction d'être est un élan

Dont la fonction
n'est pas
de s'écraser

Mais d'étourdir
Dans une saison d'étoiles
cristallisées acides
d'étoiles fuyantes coupantes
comme le diamant,
qui quadrillent l'abjection de la vie

Les habitants y ont le visage
balafré par la peine,
l'ordurier dégoût ;
le visage long (pesant)
gris
troué de vis

L'incarnation mécanique
de cette toile d'effroi
si connue
(dont je n'ai jamais su
l'appellation)

Leurs couilles sont des bassins
où frémissent
des acides avides

Leurs occupations
ne sont qu'une :
brasser le sang

Faire semblant
de vivre et faire
fermenter
les globules

Se tuer dans un
art
écarlate et éclatant

Se serrer la main
dans une poignée liquide

Rêver de se liquéfier
vers les horizons
de feu vermeil,
où s'écrasent
avec une
lâche frénésie
d'obnubilants
météores-soleils

samedi 23 avril 2011

La doublure du temps

Quelquefois j'ai oublié moi-même
Une ombre macérant dans le futur
Un futur conditionné à m'attendre
Que je m'effilochais à atteindre
Un futur d'or tenace
Aux brises puissantes comme la sève
Du passé je prenais mon élan
Comme sur un trempoline
Et je basculais presque
Vers ces futurs
Déversement d'azur
Sur des prairies vertes
Je sautais si haut,
Transcendant moi-même
Atteignant autre chose
Que ma cause en pièces
Je sautais, j'y arrivais
La tête brûlée par le soleil
J'ai quelquefois oublié moi-même
Et d'une voix humide
J'ai appelé les lendemains
Où pourraient chanter mes mains
De scribe acide

mercredi 20 avril 2011

Si le Poète avait ces yeux...

Si le Poète avait ces yeux, il serait trop absorbé pour composer quoi que ce soit. Il dirait : « Vous voulez de la poésie ? Levez le nez. Toute poésie dont vous avez besoin exécute un ballet de couleurs, là-haut ! »




L'aurore polaire est un feu dans une poudre
Phosphorescente qui serpente comme un vent;
C'est tantôt une soie lâchée comme une foudre!
C'est un récital de teintes qui est dément!

mardi 19 avril 2011

lundi 18 avril 2011

Pour N.

Pour antagonistes, tu as les froids soleils
Noirs et durs d'où pleuvent des rayons balistiques.
Tu aimes l'automne, mais maudis les corneilles.
Si tout est trop sombre, ton coeur pulse atypique.

Un jour tu comprendras que ces noires abeilles
Qui essaiment, autour, en orbite élastique,
Ces nuisances sombres bourdonnant à l'éveil
De tes sentiments, on peut les chasser stoïques!

Car parfois, le soleil ne caresse-t-il pas
Ta figure avec un très pur charme béat ?
Fourmillent en toi des extases et des rires !

Tu es si sensible ! C'est pourquoi elle brûle,
Cette âme !  Ce même talent pour ressentir,
C'est lui qui te fait gaie : il te faut du recul !

Appel à tous

À la recherche d'une citation, qui dit à peu près : « un jeune écrivain doit songer à garder le scandale pour plus tard dans sa vie » ; qui a écrit ça ? Quelle est la citation exacte ? De qui est-elle, Oscar Wilde ? Je ferai mes recherches. Mais si quelqu'un s'en souvient spontanément, ce serait gentil de me le dire!

dimanche 17 avril 2011

Fumer des nuances


Il est trop dur d'être un astre, il faut arracher
Sa tête et la lancer vers le noir bain d'étoiles.
Parvenu au Zénith des florales opales,
Je vois mon corps raide en bas; que peut-il louer?

Aussi arracher son coeur afin d'exhiber
Son amour, c'est une démesure fatale.
Faire de grands efforts à la vitesse astrale
De la clarté, ce n'est qu'être un flou souffle ombré!

Je décide donc de voir la vie l'oeil peinard.
Je me gargarise de lente paix et d'art.
Fébrile de plaisirs simples, je baguenaude!

J'aperçois des hommes-arbres sortir de terre!
Ces géants sans maux, aux feuillages d'émeraude,
Sont illustres et beaux, sans respirer la guerre!

samedi 16 avril 2011

Réflexion s'engouffrant dans des réflexions

Ma réflexion va comme suit :

Tout ce que je fais, subis, accomplis (ménage, traitement de ma paperasse, vivre une émotion, jouer à un jeu, lire un livre, ETC., n'importe quoi enfin!) m'absorbe totalement, inéluctablement, m'enlace jusqu'à me rendre complètement inconscient de ce qu'il y a autour. Ou presque, vous comprenez.

Ainsi, les gens trop cérébraux réfléchissent souvent beaucoup trop avant de passer à l'action. J'incarne bien... cette idée. Je me suis souvent demandé pourquoi.

Et si je venais de comprendre ?

Cérébral, je le suis. Mais surtout, pour revenir à l'idée que je tissais plus haut, je me laisse submerger par tout ce que j'entreprends. La pensée, elle, s'insère partout ! Sitôt qu'il y a une vacuité, la réflexion y entre et y gonfle. Les songeries se font un plaisir de nous tenir occupés. Vous me voyez venir ?

Ainsi, c'est une fatalité : la réflexion revient tout le temps. Elle n'est pas archi-présente parce qu'elle domine l'esprit. Elle est simplement présente parce qu'un esprit par essence avide se jette sur la première chose qu'on lui donne ; et il se trouve que la réflexion lui est souvent donnée ; elle est l'eau séparant les îles que sont nos différents intérêts et nos multiples occupations : il faut faire attention à ne pas se noyer !

Toute idée, toute émotion, tout objet, toute personne que j'apprécie revêt à mes yeux des proportions pharamineuses. Je suis atteint de priapisme moral ! Ainsi la réflexion, qui m'absorbe tant, n'est qu'une érection parmi tant d'autres ; seulement, c'est une érection qu'il m'est souvent donné d'avoir. Ensuite, difficile de s'en débarrasser.

Mais en comprenant cela, à présent, ça change tout : bien que je sois généralement cramponné à mes réflexions, dédié à l'exploration de méandres mentaux précédant toute entreprise réelle, si je sais qu'une fois une autre activité entamée je serai aussi dédié que je le suis envers la réflexion ou n'importe quoi d'autre, eh bien il n'y a pas lieu de théoriser inlassablement ; je ne dois que prendre un bon élan et sauter d'un arbre à un autre ; il n'y a alors pas de nécessité de théorisation avant l'action, mais une sorte de volonté naturelle et ardente de consommer quelque chose. « La faim, c'est moi », pour citer Amélie Nothomb. Dans le domaine de la pensée, cela entraîne un flot d'élucubrations. C'EST MON ESPRIT QUI PÉDALE SANS CESSE, c'est rien que ça. Aussi bien lui donner un parcours agréable, autre que la bicyclette stationnaire. Donner à mon esprit un os, sinon il me triture la cervelle.

Putain ! Et c'est la réflexion qui me fait prendre conscience de ça. Déjouer la réflexion par la réflexion.

L'adage de mon pote brésilien Rafael prend tout son sens : « Just start ! »

Désormais je serai d'une redoutable efficacité, tel un Haïku.

Nulle pitié, je vous en prie. Je me crée de grands problèmes, mais je les résous.

Sitôt découvert, sitôt partagé

John Currin. Un homme dont je ne sais à peu près rien. Sinon qu'il peint remarquablement bien. Sinon qu'il se situe à mi-chemin entre un style classique et... quoi ? Je ne sais pas, quelque chose de tordu. Une glace tordue, qui renvoie tantôt de légères courbures de l'être, tantôt d'effroyables déformations. La dissection par réflexion. La notion de l'exagération . « Ça crée un malaise ! », me disait celle qui me présentait ce charmant peintre. Eh bien! ce malaise me plaît beaucoup.

Tantôt, il peint des femmes débauchées, ou plutôt sensuellement épanouies, et j'oserais dire sexuellement lucides, qui ainsi s'entre-tâtent le bitougnet.

Et tantôt, il nous présente de vieilles personnes, déformées par l'âge et par son style un brin cruel.

En fait il peint des sujets plutôt variés. En voici quelques exemples...


Ci-haut, ça me rappelle une ancienne collègue. Laquelle? L'une ou l'autre.
Ah laquelle collègue, pensiez-vous ? No way que je vais
dévoiler son prénom, à Monic...


Si j'étais chargé de trouver un titre à la précédente toile, je la baptiserais :
Femmes-cygnes anorexiques




Je vis un vieillard que j'aurais aimé voilé
De peinture, et encodé dans sa gaie tristesse,
Emberlificoté de traits suant l'ivresse,
L'oeil fort engourdi de vertes tonalités!

La mode est au Haïku ce soir!

Phoque le nombre de syllabes...


Roucouler
Les cordes raides
Un avion dans la poitrine

Maquiller
Le fantôme à cheveux
Qui excite ses libertés

Reboiser
La stellaire femme
Dont l'esprit s'est tu en l'esprit

Dominer
Langueur et verve
En remuant d'un vif pif

Un sushi
Fait de mots, écrit
Par des battements de tempes

Celui qui pourrait me détester parce que je le copie, C'EST LUI.

vendredi 15 avril 2011

Un dur coup pour le Poker

Le Poker en ligne est pour plusieurs un hobby ; pour certains, c'est même un gagne-pain.

On retrouve beaucoup de logiciels de Poker en ligne. Si l'on préfère éviter les plus douteux (ceux attirant moins de joueurs, gérés par des entreprises obscures), on se dit qu'il est bon de jouer sur les grands sites, en toute sécurité.

Néanmoins, le FBI vient de prendre possession de trois des plus grands sites de Poker qui existent : Full Tilt, Poker Stars, et Ultimate Bet. On les accuse d'avoir agi contre la loi, voire d'avoir usé de fraude.

Plus de détails ici (en français, avec image)

Plus de détails ici (article en anglais)

jeudi 14 avril 2011

Regardez ce que ça fait, l'impôt

Extrait de L'écume des jours, de Boris Vian :
Chick arrêta le pick-up pour changer les deux disques qu’il venait d’écouter simultanément jusqu’au bout. Il en prit d’une autre série : sous un des disques, il trouva une photo d’Alise, il croyait l’avoir perdue. Elle était de trois quarts, éclairée par une lumière fondue, et le photographe avait dû mettre un projecteur derrière elle pour faire du soleil dans le haut de ses cheveux. Il changea les disques et garda la photo à la main. En jetant un coup d’œil par la fenêtre, il constata que de nouvelles colonnes de fumée montaient, plus près de chez lui. Il allait écouter ces deux disques et descendre voir le libraire d’à côté. Il s’assit, sa main ramena la photo sous ses yeux, en la regardant plus attentivement, elle ressemblait à Partre ; peu à peu, l’image de Partre se formait sur celle d’Alise et il sourit à Chick, certainement, il lui dédicacerait ce qu’il voudrait ; des pas montaient dans l’escalier, il écouta, et des coups retentirent à sa porte. Il posa la photo, arrêta le pick-up, et alla ouvrir. Devant lui, il vit la combinaison de cuir noir d’un des agents d’armes, le second suivait et le sénéchal de la police entra le dernier, sur son vêtement rouge et son casque noir rampaient des reflets fugaces dans la pénombre du palier.
« Vous vous appelez Chick ? » dit le sénéchal.
Chick recula et sa figure devint blanche. Il recula jusqu’au mur où étaient ses beaux livres.
« Qu’est-ce que j’ai fait ? » demanda-t-il.
Le sénéchal fouilla dans sa poche de poitrine et lut le papier :
Recouvrement d’impôts chez le sieur Chick, avec saisie préalable. Passage à tabac de contrebande et blâme sévère. Saisie totale ou même partielle compliquée de violation de domicile.
« Mais… je paierai mes impôts, dit Chick.
– Oui, dit le sénéchal, vous les paierez après. D’abord il faut que nous vous passions à tabac de contrebande. C’est un tabac très fort ; nous utilisons l’abréviation pour que les gens ne s’émeuvent pas.
– Je vais vous donner mon argent, dit Chick.
– Certainement », dit le sénéchal.
Chick s’approcha de la table et ouvrit le tiroir ; il y gardait un arrache-cœur de grand modèle et un tue-fliques en mauvais état. Il ne trouva pas l’arrache-cœur, mais le tue-fliques bosselait une pile de vieux papiers.
« Dites donc, dit le sénéchal, c’est bien de l’argent que vous cherchez ? »
Les deux agents s’étaient écartés l’un de l’autre et tenaient leur égalisateur. Chick se redressa, il avait le tue-fliques à la main.
« Attention, chef ! dit un des agents d’armes.
– J’appuie, chef ? demanda le second.
– Vous ne m’aurez pas comme ça, dit Chick…
– Très bien, dit le sénéchal, alors on va prendre vos livres. »
Un des agents saisit un livre à portée de sa main. Il l’ouvrit brutalement.
« Rien que de l’écrit, chef, annonça-t-il.
– Violez », dit le sénéchal.
L’agent saisit le livre par la reliure et l’agita avec force. Chick se mit à hurler.
« Ne touchez pas à ça !…
– Dites donc, dit le sénéchal, pourquoi est-ce que vous ne vous servez pas de votre tue-fliques ? Vous savez très bien que le papier porte : Violation de domicile.
– Lâchez ça, rugit Chick de nouveau, et il leva son tue-fliques, mais l’acier s’abaissa sans claquer.
– J’appuie, chef ? » demanda à nouveau l’agent d’armes.
Le livre venait de se détacher de sa reliure et Chick se rua en avant, lâchant le tue-fliques inutilisable.
« Appuyez, Douglas », dit le sénéchal en reculant.
Le corps de Chick s’abattit aux pieds des agents d’armes ; tous les deux avaient tiré.
« On le passe à tabac de contrebande, chef ? » demanda l’autre agent d’armes.
Chick remuait encore un peu. Il se souleva sur les mains et parvint à s’agenouiller. Il tenait son ventre et sa figure grimaçait pendant que des gouttes de sueur tombaient dans ses yeux. Il avait une grande entaille au front.
« Laissez ces livres… » murmura-t-il. Sa voix était rauque et cassée.
« Nous allons les piétiner, dit le sénéchal. Je pense que vous serez mort dans quelques secondes. »
La tête de Chick retombait, il s’efforçait de la redresser, mais son ventre lui faisait mal comme si des lames triangulaires tournaient à l’intérieur. Il réussit à mettre un pied par terre, mais l’autre genou refusait de se déplier. Les agents d’armes s’approchèrent des livres pendant que le sénéchal faisait deux pas vers Chick.
« Ne touchez pas ces livres », dit Chick. On entendait le sang gargouiller dans sa gorge, et sa tête penchait de plus en plus. Il lâcha son ventre, ses mains étaient rouges, elles frappèrent l’air sans but et il retomba, le visage contre le plancher. Le sénéchal de la police le retourna du pied. Il ne bougeait plus et ses yeux ouverts regardaient plus loin que la chambre. Sa figure était coupée en deux par la barre de sang qui avait coulé de son front.
« Piétinez, Douglas ! dit le sénéchal. Je vais personnellement briser cet appareil à bruit. »
Il passa devant la fenêtre et vit qu’un gros champignon de fumée s’élevait lentement vers lui, issu du rez-de-chaussée de la maison voisine.
« Inutile de piétiner soigneusement, ajouta-t-il, la maison d’à côté est en train de brûler. Faites vite, c’est l’essentiel. Il n’en restera pas trace, mais je consignerai l’ensemble dans mon rapport. »
La figure de Chick était toute noire. Sous son corps, la flaque de sang se coagulait en étoile.



lundi 11 avril 2011

Asymétrie maîtresse


Mon coeur ballant est un asile de lumière
Où des prophéties de noirceur pulsent, très lentes,
Tandis que mon sang saoul l'irrigue de détente.
C'est un ballet vital où des plaies interfèrent.

Ces jours de poisse, de cafard et de tonnerre,
Je cherche le faisceau liant la véhémente
Fureur d'être, la Vie, et les passions amantes.
Mais l'air mort me secoue, compresse mes viscères.

Il est difficile de naître picassien ;
Yeux déments, corps tordu, bleues lèvres d'Haïtien.
Le plus je me délie, le plus je me disloque!

Un casse-tête où l'on retrouve trop de coeurs,
C'est ce que je suis, sous une image de loque!
Ce battement par trop confus... c'est donc un choeur!...

Improvisateur formidable

Vu à la télé, hier. À l'émission «Dieu merci !» Le type est sacrément drôle. Pour ceux qui l'ignoreraient,  «Dieu Merci» est une émission où des personnalités connues ou des comédiens doivent participer à des scènes d'improvisation.

Il s'agit en l'occurrence de Simon Boudreault, comédien.

La vidéo ici

dimanche 10 avril 2011

Éructation d'aurore

Mon cerveau tourne sur lui-même
Tel un foetus qui brûle de voir le jour
Afin d'imprégner ses rétines
De communication cristalline

Mon âme rêve de s'éployer
Telle une voile blanche, souple et valeureuse
Plutôt que d'être
Bizarrement déchirée

Une chaleur noire
M'étouffe

Sous mon scaphandre
Courent
Des nuées
D'insectes violents

Un soleil éléphantesque 
Se reflète élégant
Sur ma visière —
Mais on ne sait pas
Qu'en bouche
J'ai une pâteuse prière...

Une ferveur crispée
M'étourdit !
Je m'affaisse, ne suis plus que mer de viscères !

L'effroi et la langueur se chevauchent
Jusqu'à me faire ivre.

J'aimerais cueillir
Les fruits des prodigieux soleils
- Baies de girasol ! -
Que je sais tout en haut de
L'abîme guttural et terreux
Que j'ai dévalé jusqu'au
Bide acide

J'aimerais croquer
Les césures
Qui empêchent
Le temps
De se délier
Dans un flot
Romanesque
D'un infini
Romantique...

J'aimerais défroisser
Ma contenance
Et être un magnifique
Lépidoptère intersidéral
Dont les ailes ont le
Motif compliqué
Mais l'art de flamboyer
Tout en débordant subtilement
Tel un nectar de lumière
Curieux et crémeux...

samedi 9 avril 2011

L'amour moelleux est mort

Se mordant la lèvre qui saigne, Cupidon
Me lance des pieux vifs de son bras musculeux.
Ses paupières de fou ont comme un frisson.
Convulsant d'amour, il veut trouer mon coeur bleu.

Lors de mes rêveries fragiles aux tons blonds,
La nuit, en sûreté sous l'édredon pâteux,
J'ignore qu'un maboul veut me fendre le tronc,
M'ouvrir le poitrail d'un coup de hache visqueux!

Cela fait, Turpidon glisse dans ma narine.
Tout battant possède un rival cauchemardesque!
Catalogue en main, il me montre des malines...

Le jour suivant, l'oeil clos, je fais des arabesques
En trébuchant; une momie veut qu'on l'étreigne!
Cré nom, c'est le baiser de la lèvre qui saigne!

mercredi 6 avril 2011

Tant qu'à parler de la Corée!

Férocement drôle.

Un enseignant coréen expliquant l'usage des insultes américaines.


Drôle jusqu'à l'indécence

En tout cas, moi qui aime la Corée du Sud, ça me fait bigrement rire. À l'évidence, il parle un néo-coréen que seul lui connaît... Quoique, par moments, ça ressemble à du vrai coréen. Il devait probablement avoir sous les yeux du « konglish » (sonorités coréennes dans notre alphabet)

Another one

Ils sont en feu, ces fous !

Sombre sabre saoul

Parfois, je sirote de suaves mémoires,
Émerveillé par des faubourgs d'astres mentaux...
Le silence onctueux est coulis musicaux.
Quand tout est gai, mon coeur est un vivant miroir!

Mes rêves mastards se frottent à des espoirs
Naïfs, tout d'un onirique matériau.
Je ris à m'en fendre le crâne et tous les os!
Mon appartement me semble être un clair manoir...

Hélas, parfois, une paniquante vipère
Creuse mon coeur et y niche : folie, colère!...
J'ai de flamboyantes nausées au sein de l'âme.

Parchemin de soucis, mon cogito s'obombre...
Comment retirer de mon coeur ce sabre infâme?
De mon âme saignent des prières dans l'ombre...

lundi 4 avril 2011