mardi 14 février 2012

La Troisième Voie




On doit parfois m'estimer toqué. Je n'écris à peu près rien au sujet des livres que j'ai lus. Néanmoins, mes billets parlent de livres que j'aimerais lire ou ai à moitié lus. Ce bouquin blanc, je ne l'ai lu qu'au quart environ. Mais déjà, mon cerveau est joyeusement parasité, séduit par la voix de son auteur, conquis intellectuellement. Rafael Horzon est l'un de ces êtres que j'admire parce que son intelligence se démène sans relâche dans ce monde boudeur et borné ; aussi réussit-il à rebondir de façon sans cesse plus cocasse, et cela me fait fatalement rire.

Or, je n'en peux plus ! Il faut que je vous entretienne au sujet de cette curiosité d'homme, de ce mégalomane qui fait preuve d'autodérision. Ce livre parle donc ?... D'un destin singulier et excessif, estampé par la fureur de l'imagination. Comment résumer la vie d'un homme qui, très jeune, fonde sa propre Académie du Savoir après avoir quitté l'école, qui s'éparpille dans la création d'entreprises toutes plus loufoques les unes que les autres (par exemple, un magasin de meubles qui ne vend que des étagères), qui veut écrire le Compendium du Savoir (un condensé de tous les savoirs de l'humanité) ? Les galipettes intellectuelles et les initiatives drolatiques n'en finissent plus. J'ai lu si peu de ce livre, et pourtant, j'ai l'impression d'en avoir lu un énorme, déjà !

Le tout est approximativement un roman. Cet ouvrage est classé, en librairie, dans la catégorie «Témoignages et faits vécus» — mais détrompez-vous, à tout prendre, c'est un roman. Il possède des qualités littéraires indéniables. La traduction de l'allemand au français permet d'apprécier un grand talent chez Monsieur Horzon.

Il s'agit donc d'un homme qui raconte sa vie. Rafael, au début de la vingtaine, s'ennuie dans son cheminement scolaire, bien qu'il soit un élève brillant. Son intellect plane trop haut. Il doit constamment bouger, trifouiller l'existence d'une nouvelle façon.

Certains manuscrits, excellents, se donnent en spectacle dès qu'on les feuillette. En revanche ce recueil de folâtreries, si dense en aventures et en bêtises, est presque un voyage initiatique. Créer son propre courant, défricher la vie devant soi dans un style unique : c'est la Troisième Voie, dont Rafael Horzon parle. Avenue qui est inspirante, et que je veux moi-même emprunter !

Ainsi, si ce livre blanc comme le sucre est si plaisamment fantasque, pourquoi n'en ai-je pas achevé la lecture ? Je redoute le deuil. Lorsqu'un livre comme celui-là a été lu en entier, on regrette amèrement de ne pas en trouver un autre similaire. Bien que le rythme soit effréné, je fais l'effort de lire doucement, afin de déguster.

Courez, oui, courez acheter ! — il est facile à identifier, étant entièrement albâtre. L'un des objectifs d'un livre blanc, c'est d'inciter ses lecteurs à prendre une décision favorable quant à un sujet donné. Le thème, ici, c'est son auteur lui-même, et, naturellement, sa folle vie. Personnellement, j'achète. Je parie sur ce type. Car il est à lui seul une entreprise ambulante.

En prime, une vidéo. Dans son regard apparemment sérieux, saurez-vous déceler toute son espièglerie ?




3 commentaires:

  1. C'est vrai, on doit t'interroger sur ce que tu lis haha Mais quand un livre est sublime, tu en parles tout le temps. C'est peut-etre car la lecture est un loisir solitaire :)

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  2. Je vous le suggère, pas de doute. T'as raison Hoda, je parle beaucoup des livres que j'adule!

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