mercredi 25 septembre 2013

Plus jeune...

Plus jeune, je rêvais de devenir joueur professionnel à ce jeu de stratégie (rien ne vous empêche de jeter un oeil à la vidéo, pour comprendre de quoi je parle)... It's kind of like chess, but you need much more imagination.

En secondaire V, je m'ennuyais ferme.

Je n'avais jamais aimé l'école.

Comment peut-on l'aimer, à seize ans, si on a en vérité quarante ans d'âge mental ? On me forçait, tous les jours, à sous-employer mes neurones, à côtoyer une horde de jeunes crétins terriblement puérils.

Alors, tandis que mes amis parlaient, tout naturellement, d'aller au Cégep, je rêvais d'être ailleurs. Dans un autre pays. Je voulais changer d'air, aller tenter l'impossible. J'étais extrêmement doué à ce jeu de stratégie. Je suis parvenu à y côtoyer de grands joueurs, à fréquenter certains des meilleurs.

En plus, un autre Guillaume avait percé, à ce ludiciel, en Corée du Sud, et était devenu une vedette nationale : je m'imaginais facilement faire comme lui. En plus, les Coréens n'auraient pas à retenir un nouveau prénom.

Là-bas, c'est un autre monde. Ce jeu y a, par analogie, la place qu'a le hockey ici. Matchs télévisés avec commentateurs, vedettariat, fan-clubs, gros salaires. Une finale dans un stade peut attirer des dizaines et des dizaines de milliers de personnes. Oui, c'est le futur, et la science-fiction. Tout ça existe là-bas.

Attention : je voulais d'abord et avant tout (d'accord, pas « d'abord ») devenir écrivain, je savais que cette ambition était là, en moi ; en revanche, je n'ignorais pas que ce métier avait toutes les chances de mener à une vie de pauvreté. C'est écrit... dans les livres.

Mais ces deux rêves étaient pour moi compatibles : le premier me rapporterait le fric (c'est, en effet, extrêmement lucratif pour les surdoués de ce sport de l'esprit), et le second, une vraie profonde satisfaction. Je m'imaginais vivre cette première aventure quelques années, et, le reste de ma vie, être un écrivain, dans une situation confortable.

Toutefois, je ne suis jamais allé en Corée du Sud ; j'ai à l'époque fait une dépression.

Au moins, j'ai étudié la langue coréenne : ça fait plus de dix ans, je ne me souviens plus de tout, mais je suis fier de cet acquis intellectuel.

Je ne suis jamais allé en Corée, et ça m'a rendu triste ; la tristesse est une porte sur soi-même, sur son âme. C'est ce qui m'a donné le goût d'écrire. Il fallait bien que je trempe mon crayon dans mes tripes à un moment ou un autre. Le nerd bourré de créativité avait décidé de devenir un artiste. J'y ai gagné au change.

J'imagine que tout est bien qui finit bien.


5 commentaires:

  1. osti, man, pour qui ne connaît ni le jeu ni le coréen, la vidéo après le texte, c'est totalement Dada! sinon, pour les rêves, malgré le mot d'ordre "réalise tes rêves!" (qui n’est pas là pour rien), ce ne sont que des rêves... la vie commence une fois qu'on s'en est débarrassé...

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  2. J'ai fait exprès de choisir une vidéo d'il y a quelques années ; c'est alors d'autant plus suronirique.

    J'aime bien, quand je présente à autrui des absurdités célestes comme celle-là, me figurer ce que pourrait imaginer et ressentir celui qui n'y connaît rien. J'avais moi-même visionné la vidéo, avant de publier le billet, en me mettant dans la peau de celui qui en ignore tout. C'est savoureusement exotique, n'est-ce pas ?

    Sinon, t'as raison, Plumitif ! Le rêve est, ironiquement, ce qui est, et non ce qui n'est pas... Le rêve qui est vécu en tout cas.

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  3. Comme c'est difficile, quand on y connaît trop, de se mettre dans la peau de celui qui ne connaît rien.

    J'imagine que ça fait partie de l'arsenal de l'écrivain.

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  4. J'avais tout compris, je croyais que t'étais champion de Starcraft mwa ha ha!

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  5. @Simon Ah, Starcraft, je connais beaucoup, en effet ! Difficile de se mettre dans la peau du néophyte. Je le fais quelques minutes, le temps de cette vidéo.

    @Céline : Almost !

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