dimanche 20 mars 2016

Portrait VI

Derrière, un flou gris et bleu rappelant peut-être la mer. Jeune femme tout en pulpeuses lèvres, linéaments du susurrement. Lippes magnétisant les oiseaux d'or des aubes, rondement sagaces, lâchant avec exquise liberté, comme un fumeur sa dentelle gris perle, de beaux mots effilochés comme des planétoïdes pastel. Lèvres se moulant en douillet épanchement pour le baiser. Du reste, un front poétiquement proéminent, signe d'un grand tournoiement de l'intelligence. Mais surtout, croit-on, d'un don pour l'amour. Le nez est asiatique, ou africain, une fontaine de courbes innocentes. Ce sont, au reste, des yeux quelque peu, joliment globuleux, ennuagés de reflets fébriles, sécrétés par une beauté du sensible qui ne saura jamais être lézardée par l'impression du mal. Une chaleur azuréenne occupe tout ce regard babillant ses fines pluies d'étoiles, regard qui entrouvre des vertiges d'ingénuité. C'est une naïade sous la tutelle d'étoiles qui n'en finissent plus d'être blondes...

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