mardi 4 juin 2019

Ménage du printemps

J'ai décidé de faire un grand ménage sur mon blogue.

Déjà, cela suppose un certain ménage mental, antérieur à cette décision: j'ai décidé de conserver ce blogue, et d'y publier à nouveau.

En le parcourant, ce blogue, hier, j'ai réalisé qu'il s'agit d'une espèce d'album souvenir: je serais idiot de me priver d'un tel voyage dans le temps, d'une telle galerie de mon évolution psychique et de mes rencontres, virtuelles et gravées en ce lieu, ou en toile de fond.

D'autre part, je serais désavantagé en me privant d'une tribune personnelle. Je préfère l'ombre, pas l'ombre hermétique, compacte, qui compresse, mais l'ombre confortable où l'on a le loisir d'observer l'oeuvre du soleil, sa peinture blanche, je préfère l'ombre en somme aux mascarades de popularité et de bruyant mensonge. Je préfère un artiste qui brille par son absence, comme Shakespeare ou Ducharme mettons, à une fripouille féérique qui veut prendre toute la place sous les feux de la rampe. Après, la visibilité sied certains, comme ce noble monsieur, alors ne serait-ce qu'une question de respecter son propre tempérament? Toujours est-il, mon point est qu'ayant décidé d'être pour l'essentiel discret, je conserve tout de même ce vecteur enchanteur qu'est le blogue pour me relier un tant soit peu au monde.

Bon, quelqu'un m'a déjà dit que je suis un faux timide, et ça m'a fait rire, car c'est sans doute vrai, je suis extraverti à mes heures, mais seulement à mes heures.

J'ajouterais que mon expression personnelle, ces dernières années, a été déficiente. J'ai cessé, en partie, de montrer mes couleurs. En psychologie, au chapitre de la régulation émotionnelle, on voit que la suppression des émotions (selon le contexte) pourrait s'avérer malsaine, et que la réévaluation cognitive (l'effort de donner un sens à certaines choses) pourrait être positive. Ainsi, pourquoi me priver d'écrire ici?

Enfin, dans la Bible (je ne suis pas croyant à proprement parler, mais je crois qu'on retrouve dans ce saint livre quantité de perles), il est à peu près dit cela : «Et on n'allume point la lampe pour la mettre sous un boisseau, mais sur un chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.» Le blogue donne ainsi un aperçu de la lumière versicolore que j'aimerais envoyer par-delà la simple sphère de mon existence.

Or, j'aimerais, j'aimerais, j'aimerais... Je ferai la liste des « j'aimerais ». C'est une note mentale pour moi-même. Cela me permettra de désengorger mon calepin électronique. Et je pourrai voir si j'ai pris la tangente espérée.

Ce qui m'a frappé, quand j'ai commencé à arracher les mauvaises herbes, hier, c'est que j'ai trahi l'une de mes premières promesses de blogueur: je ne voulais pas faire de cet espace une vidéothèque; aussi, par là-bas, au départ, on se croyait certains mois sur YouTube! Quelle tristesse de retrouver une vidéo grise, retirée du site d'origine, bref un billet presque sans contenu. Une vidéo a toute sa pertinence si elle s'inscrit dans une démarche relativement sérieuse, si elle est enrobée d'un chaleureux contexte, si elle est étayée par les mots. Ou plutôt, les mots doivent être soutenus par une vidéo, s'il y a lieu.

Étais-je si drôle, il y a quelques années? Je partageais sans cesse des vidéos humoristiques, des blagues de toutes sortes. Pas que je n'aie plus le cœur à l'humour, mais mon rire, on dirait que je le garde à présent pour moi.

Je crois que j'ai cette perpétuelle tendance à masquer des facettes de ma personne, étant d'une nature extrême en maintes choses. J'aime rire avec passion, jusqu'aux larmes (un collègue de travail en a pris connaissance, et un ex-collègue, jadis, abusait allègrement de cette propriété chez moi, lorsqu'il décidait d'incarner un music-hall surréaliste à lui seul); je puis être implacablement logique; je puis être profondément empathique; je suis férocement sceptique; je suis très spirituel; je suis un tas de choses, en somme! Pour moi, ce n'est toujours que la même nature, une nature intense, dont les rayons, orientés dans des directions différentes, s'étirent naturellement aussi loin: un soleil projetant équitablement.

Parfois, serait-ce pour faire l'affaire des autres, je crois adopter des rôles. Il est facile de jouer exclusivement au poète. Ou d'investir l'humour. Ou de se blinder avec la logique.

Ainsi, j'aimerais embrasser quantité de sujets sur ce blogue. Au fond, tout ceci n'est qu'un rappel de cette pensée. Le fil conducteur demeurera la littérature, puisque c'est un blogue littéraire et j'ai choisi d'être écrivain. Quelques critiques littéraires de bon cœur devraient voir le jour.

J'aimerais parler davantage de la psychologie (dans cette optique, je pourrai continuer d'écrire au sujet de mes rêves), de la philosophie - peut-être publier des essais -, recommencer à écrire au sujet de la science, j'aimerais écrire au sujet de la spiritualité, quoique modérément, avec un esprit critique. Je continuerai à aborder le sujet de l'art. Au demeurant, la linguistique, la traduction et les langues m'attirent beaucoup: je devrais m'attarder à ce trio.

À suivre prochainement? Au moins un article sur l'autodidactisme. Je me demande ce qu'il en dirait, lui.

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