mercredi 3 juillet 2019

Eminem - Rap God


Quand je lis les textes d'Eminem, je les trouve assez fades la plupart du temps. Des bêtises couchées sur papier, l'insolence quelconque d'un adulescent...

Mais quand il se met à déclamer ses textes, bon Dieu! j'entends là un vrai poète. Tout s'organise brillamment. Le texte a enfin un squelette.

L'énergie qu'il y met, c'est remarquable. On flaire tout son feu, on perçoit le spectre de son intensité. La colère est intelligemment mesurée dans la voix, elle devient autorité.

La poésie a généralement une structure intrinsèque: autrefois, on écrivait en vers, aujourd'hui encore on cherche à écrire avec une certaine mesure ou un certain rythme, avec des rimes, avec un jeu d'images bien agencées, etc.

On pourrait dire qu'il s'agit du squelette du texte.

Dans le cas du rap, si le texte est faible sur papier, il lui faut un exosquelette, quelque chose pour le rendre plus fort, et cela, c'est le rappeur lui-même et sa musique. Lorsqu'il nous raconte ses histoires, Eminem, ses mots, dans l'atmosphère qu'il leur faut, sécrètent leurs enveloppes luisantes et formidables.

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