samedi 13 juillet 2019

Sonnet 56

Sonnet LVI

Sweet love, renew thy force; be it not said
Thy edge should blunter be than appetite,
Which but to-day by feeding is allayed,
To-morrow sharpened in his former might:
So, love, be thou, although to-day thou fill
Thy hungry eyes, even till they wink with fulness,
To-morrow see again, and do not kill
The spirit of love, with a perpetual dulness.
Let this sad interim like the ocean be
Which parts the shore, where two contracted new
Come daily to the banks, that when they see
Return of love, more blest may be the view;
As call it winter, which being full of care,
Makes summer's welcome, thrice more wished, more rare.


Sonnet LVI

Doux amour, refais tes forces, il ne faut pas
Que tes contours s’émoussent plus que l’appétit,
Qui est facilement repu par ses repas,
Aiguise-toi, demain tu auras renanti:
Donc, Amour, sois toi! même si tu alimentes
Tes yeux avides, qui clignent de satiété,
Demain, vois mieux, il ne faut pas que tu démentes
L’esprit de passion, aplati d’égalité.
Laisse ce triste intérim être un océan
Séparant les rives où sont les amoureux
Qui y vont tous les jours, et qui, apercevant
Le retour de l’amour, n’en sont que plus heureux;
Sinon, dis que c’est l’hiver, absorbé de peurs,
Accueillant l’été avec un triple bonheur.

— William Shakespeare

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