vendredi 16 août 2019

Érotomanie

Selon le DSM V, « [l'érotomanie] s'applique quand le thème central des idées délirantes est qu'une personne est amoureuse du sujet »

Wikipédia parle de « la conviction délirante d'être aimé »

Il peut s'agir d'un trouble psychiatrique en soi, ou d'une pathologie secondaire à une autre.

Intéressant, n'est-ce pas?

Effectivement, sauf lorsqu'on est l'objet de cette folie chez quelqu'un d'autre.

Ça fait plus de deux ans et demi que cette bipolaire, qui refuse de prendre ses médicaments, que je ne connais pas, que j'ai à peine croisée dans un souper il y a bientôt trois ans, s'acharne en m'écrivant des milliers de courriels (je ne lui ai jamais remis mon adresse courriel — elle l'a trouvée). Elle m'écrit parfois jusqu'à vingt fois par jour.

Cette étrange gitane psychotique profite en fait d'un défaut technologique. Il n'est pas possible de bloquer un courriel à la source, avec mon compte de messagerie. J'ai tout fait pour trouver cette option, mais c'est impossible. Ainsi, selon la façon dont je programme la chose, je vois soit ma corbeille ou ma boîte pourriel se gonfler rapidement de ses messages, qui restent là 30 jours. J'avoue également en archiver plusieurs, pour des raisons légales.

Elle n'arrête pas de me clamer son amour. Je lui ai fait comprendre à de multiples reprises que je ne suis pas intéressé. J'ai essayé d'être gentil, méchant, diplomatique, de l'ignorer complètement. Rien n'y fait. Je suis même allé voir la police, pour ouvrir un dossier. Quand je le lui ai dit (sur la suggestion de l'agente de police), cette psychotique a eu la déduction suivante: tu dois avoir des amis dans la police, et ce n'est pas vrai...

Le hic, c'est qu'elle dit des choses inquiétantes. Une fois, elle parlait de suicide. Souvent, très souvent, elle m'insulte, irritée que je ne lui réponde pas, que les sentiments ne soient pas réciproques. C'est du harcèlement dans ce que cela a de plus pur. Parions que si une femme vivait la même chose, et qu'un homme était aussi insistant, celui-ci aurait fait un tour en prison depuis longtemps.

Par ailleurs, elle pense que quantité de messages, sur mon blogue, lui sont adressés; dans son immense paranoïa, elle pense que ce sont des messages codés; ce qui n'est évidemment pas le cas.

J'appelle à nouveau Wiki en renfort, pour mieux définir ce trouble: c'est une forme de psychose paranoïaque de la catégorie des délires passionnels où la haine de l'autre est, par un renversement des positions subjectives, déguisée en « conviction illusoire d'être aimé »

* * *

Une fois, dans un rare instant de lucidité, elle m'a écrit ceci:

Courriel officiel

Bonjour Guillaume Lajeunesse,

Je m’engage personnellement et solennellement, moi, ________ ______, avec ma conscience, ma foi, et ma confiance renouvelée en la vie et en ma guérison à ne plus te réécrire à moins que tu ne me l’aies demandé.

Tu pourras utiliser cette preuve si je ne tiens pas ma parole cette fois. Je te remercie pour ton ouverture, ta patience et l’indulgence que tu as manifesté à mon égard. Je ne désire pas harceler quelqu’un et cela n’a jamais été mon intention. 

T’écrire était était devenu une dépendance contre laquelle je luttais. Je suis désolée pour les tords psychologiques que cela a pu te causer, ce n’était évidemment pas mon intention et si je peux t’aider à réparer cela, je t’invite à me le dire, outre de ne plus t’écrire.

Je prends la responsabilité de mes actes, je ne t’ai pas cru par déni et je reconnais mon entêtement démesuré qui est d’ailleurs une des choses que j’apprends à diriger au bon endroit, pour défendre des causes, à commencer par la mienne. 

Merci, 

Mes salutations distinguées,

________ ______

* * *

Elle est plus tard revenue sur sa parole, reniant ce courriel — malgré cela, je vais l'utiliser d'un point de vue légal. En substance, elle disait alors: je te harcèle si je veux, je vais te garrocher cet amour malsain tant que je veux; tout en n'omettant pas de t'insulter une fois de temps en temps.

Mais encore?

Il lui est arrivé d'écrire à ses parents « pour leur parler de moi » (en me mettant en copie conforme), comme si elle et moi étions ensemble. Je me suis évidemment empressé de leur écrire pour démentir cette fabulation.

Elle commente aussi ce que je fais au quotidien! « Je t'ai vu dans tel lieu public », « Je t'ai vu à tel parc », « Je sais que tu es maintenant dans tel programme universitaire ».

* * *

Je me dois donc de prendre des mesures. Ce billet est un énième pas, en fait.

Elle-même et ses parents ont déjà été largement avisés; à deux reprises, j'ai contacté la police; je suis même parvenu à faire ouvrir un dossier chez Microsoft (elle a un compte Hotmail) où l'on accumule des preuves légales contre elle.

[...]

Si besoin est, je vais aussi prendre des démarches légales pour qu'elle se fasse arrêter et/ou interner.