dimanche 22 septembre 2019

Chat, c'est sien !

(Vieux texte retrouvé, que j'avais publié sur un ancien blogue.)

En réponse à des végétariens de Facebook qui disent ne pas vouloir d'animaux domestiques carnivores :

De la haute voltige intellectuelle et morale par ici. J'avais pour ma part un félidé domestiqué. J'ai tenté de nourrir celui-ci avec de la patte d'ours et du mouron des oiseaux, excellentes plantes qui, je l'espérais, pourraient le duper par leurs dénominations aux relents carnivores. En particulier, j'aimais lui faire des soupes avec la seconde plante. Lorsqu'il a lu au travers de ce tour de passe-passe, une violente querelle philosophique a éclaté entre lui et moi. D'abord, je n'ai jamais su où il avait appris à parler. Il m'a d'abord reproché de ne pas respecter sa différence, affirmant que, là où il se trouvait dans la chaîne alimentaire, il était tout à fait normal de faire un copieux et enjoué usage de la viande. Je lui ai rétorqué, en dévoilant un blanc sourire qui avait quelque perversité carnivore, mais seulement pour le principe, du fait que je suis végétarien (hélas, je ne suis pas encore végétalien : je suis donc le sous-produit méprisable d'une aspiration plus noble), je lui ai rétorqué, donc, que la National Academy of Sciences propose que le concept de chaîne alimentaire est une foutaise ! Il m'a répondu que ce qu'il voulait dire par là, nom d'une vache anorexique ! c'est qu'il n'était qu'un chat, et qu'au stade évolutif où il se trouvait, il était tout à fait normal pour lui de « consommer » de la viande. Il a précisé sa pensée en soulignant que rien n'est réellement bon, que rien n'est réellement mauvais, dans la nature, et que les choses sont, pour l'homme, du domaine de la perception, du contexte. Il m'a mis en garde de l'enrober d'une couche d'anthropomorphisme. Je voulais lui prouver qu'il est absurde de manger des animaux. Par ailleurs, je lui ai répliqué que s'il continuait à être si casse-pieds, c'est de sauce aigre-douce qu'il serait enrobé ! La lancée étant toujours sienne, il a argué que ma structure corticale était assez développée pour me permettre des réflexions sur ce que je mange, mais qu'il n'avait pas ce loisir, et cela en dépit du fait qu'un extraordinaire éclair de lucidité venait de le frapper pour lui permettre d'avoir cette conversation. Alors que je m'affairais à chercher la sauce aigre-douce dans le réfrigérateur pour donner forme à mon contre-exemple, il a soufflé, en riant, que le végétarisme est synonyme de grandeur, mais que de s'y consacrer, du jour au lendemain, ne changera rien immédiatement. Il a dit que ce mouvement en était un idéaliste, et que la concrétisation d'un idéal comme celui-là se fait sur le très long terme, par contagion positive. Il a dit qu'il ne pourrait jamais participer à ce mouvement et qu'il était ridicule que de vouloir l'y inclure. Il a finalement dit que la crédibilité de ce dernier serait minée si l'on continuait à propager l'idée que certains animaux peuvent être immoraux à cause de leur diète ! Comme je n'avais pas trouvé la sauce et que je bouillais, j'ai décidé de le mettre à la porte. Ensuite, j'ai lu, sur Internet, que des troupeaux bovins entiers, en Amérique du Sud, avaient été retrouvés vidés de leur sang. Certains croient que cela a un rapport avec des expériences extra-terrestres. Mon hypothèse est autrement plus réaliste : il s'agit de la vengeance de mon ex-chat. Vous voyez ce qu'on gagne, à vouloir dénaturer les animaux ?

Ça, c'est chien, vont s'écrier certains, après avoir lu ce texte.

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