jeudi 11 juillet 2019

Antonella

Ah la belle Antonella, ce que je l'aimais, la belle Antonella! C’était une collègue de travail, autrefois. L'Italienne blonde aux yeux bleus. «You live on those cookies!», c'est ce qu'elle me disait, parce que je prenais toujours de gros biscuits pâteux, avec raisins secs ou pépites de chocolat ou à saveur de pomme, dans la machine distributrice. Ah, ce que je l'aimais, la belle Antonella! L'Italienne blonde aux yeux bleus. Elle habitait ses vingt ans et ses hanches avec la grâce manifeste que cela implique avec le recul, et qui est si naturelle quand on n'a que ça, ses vingt ans. Elle les habitait tout comme elle hantait doucement, éthérée, ses yeux bleus-gris amoureux d'on ne sait quoi, recouverts de paupières un peu indolentes. Ce qui la rendait terrestre et accessible, outre une automobile laide et des comptes à payer, c'était sa voix mal sablée et son accent un peu américain. Ah la belle Antonella, ce que je l'aimais, la belle Antonella! «You really live on those cookies!...»

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